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Ressources naturelles / Biodiversité / Au-delà des limites

Biodiversité : destin tragique pour un jeune concept ? En 1986, un mot nouveau fait son apparition : désormais il faudra compter avec la biodiversité, concept aux contours difficiles que certains chercheurs qualifient de « concept chevelu ». Vingt-quatre ans plus tard, la France déclare l’année 2010, « année de la biodiversité ». Ce jeune mot est déjà consacré au moment même où ce qu’il tente d’embrasser dans sa définition s’effondre : 30 % des espèces vivantes sur la planète sont en voie d’extinction. Et encore, il s’agit là des seuls vertébrés supérieurs étudiés. Des peuples, des animaux, des arbres, des herbes disparaissent dans un silence assourdissant, une atonie politique accablante, un désintérêt général inquiétant. L’homme semble montrer les limites de sa compréhension des écosystèmes dynamiques. Malgré des voix puissantes et compétentes qui s’élèvent à travers le monde pour appeler à un changement radical de comportements, de paradigme, l’humanité connaît le sixième processus d’extinction de la biodiversité de son histoire. Engagée à l’avènement de l’ère industrielle (fin XIXe siècle), l’érosion n’a de cesse de progresser depuis, touchant tous les milieux (air, terre, eau), tous les continents. Je suis bien embêté de dire que le pays aux 350 fromages se place parmi les dix pays les plus concernés, en raison entre autres de ses départements et territoires d’outre-mer riches en espèces menacées. Autant l’écrire sans détour, la France fait pâle figure en matière de protection de la biodiversité, et ce malgré l’engagement de nombreuses organisations émanant de la société civile. Mécanismes complexes Si l’on considère cette biodiversité comme une sorte de capital vivant (le vivant, c’est capital) pour les générations futures, on peut aisément comprendre que notre influence négative, notre action néfaste sur les écosystèmes et le vivant a dépassé les limites que nous aurions dû déterminer depuis longtemps. L’écologie scientifique nous a appris qu’il ne s’agit pas de protéger une espèce particulière pour la sauver. C’est son milieu qui disparaît, sa nourriture, son logement, sa famille. Destruction des milieux, urbanisation galopante, déforestation, pratiques agricoles polluantes, extensives, développement des industries pétrochimiques, développement des grands axes de communication, sont en partie à l’origine des mécanismes d’effondrement de la biodiversité. Il apparaît comme une évidence que les politiques de croissance et de développement économique participent en totalité ou presque à cette extinction en cours. Le modèle économique occidental diffusé à la planète entière a joué en quelques sortes le rôle d’un biocide sans doute inconscient mais violent et parfaitement efficace. Les tragédies génocidaires du XXe siècle annonçaient sans doute cela. A l’instant même où disparaît un peuple indigène, une grenouille, un insecte, la communauté scientifique n’arrive pas à s’accorder sur le nombre d’espèces vivantes sur la planète. On en découvre 16 000 chaque année, on en a recensé 1,8 million, on pensait pouvoir en compter 3 millions ; aujourd’hui, certains avancent le nombre de 50 millions, et « l’immense majorité de celles qui s’éteignent nous est inconnue ». Les limites de la connaissance des hommes sont ici explicitement exprimées. Pourtant, on a su se donner les moyens d’aller sur la lune… Biosphère et jardin planétaire Il fallait sans doute aller sur la lune pour voir la Terre de loin et ses limites. Inventer la science de l’écologie (science complexe qui fait appel à de très nombreuses disciplines) pour pouvoir évaluer la biomasse (masse du vivant), définir la biosphère (sphère qui contient le vivant), tenter de comprendre les interactions multiples, la dynamique d’un système en quelques sortes et réaliser l’inventaire quantitatif des ressources naturelles non vivantes comme les minerais ou les ressources carbonifères, pétrolifères, ou bitumineuses – ces dernières constituant une très vieille biomasse disparue dont il ne reste qu’essentiellement le carbone concentré qui aujourd’hui nous permet de nous déplacer en voiture, de couvrir le sol de goudron, de transporter des marchandises inutiles aux quatre coins du monde… Ceux qui croient à l’économie de marché prennent la voiture. Il fallait ces circonstances pour qu’un penseur contemporain de l’écologie scientifique, un jardinier comme se qualifie Gilles Clément, nous indique tout simplement les limites de la planète, de ses ressources disponibles. Ainsi émerge la conscience planétaire. Qu’on l’appelle Gaïa, Pachamama, Terre-mère, le jardin planétaire est une réalité incontournable. La Terre vue comme un organisme affaibli, épuisé, appauvri, exploité est aussi une réalité incontournable. Une planète en mauvaise santé. L’écrivain universel Saint-Exupéry, qui voyait la Terre d’en haut, avait compris tout cela. Ces derniers mots furent : « Moi, je voulais être jardinier. » Avec une débauche de moyens très contestable, le photographe businessman Yann Arthus-Bertrand n’a fait que le constat photographique de cette « Terre vue du ciel », de cette vision planétaire en participant activement à ce qu’il dénonçait. Plus sérieusement, l’altermondialisme est le début d’une réponse politique à ce constat angoissant d’érosion du vivant. Tous les mouvements de l’a-croissance ou de la décroissance sont un peu l’avant-garde de ce vaste ensemble hétéroclite qu’est l’altermondialisme. Il y a urgence à penser l’après-croissance et l’après-développement, à penser sans limites cette fois à la transition, ces fameuses « uto-pistes » qui cheminent en marge de la pauvre pensée officielle. Seul un renouvellement radical de « l’élite politique » permettra d’entreprendre à grande échelle la transition. On ne peut changer le monde avec des responsables qui ne veulent rien changer à part le modèle de leur voiture de fonction et leurs attributions. De toute manière, il semble que la réponse locale, l’engagement de quelques citoyens sur le terrain soit de loin plus efficace que n’importe quel plan gouvernemental couteux et élaboré par une poignée d’énarques déracinés. Epuisement du produit global de la Terre Une ONG canadienne a daté « le jour ou l’humanité a épuisé le produit global de la Terre ». The Global Overshoot Day (jour du dépassement global), situé entre le 1er janvier et le 23 septembre 2009. indique clairement que, là aussi, nous avons dépassé les limites quantitatives d’utilisation des réserves, et nous continuons de faire des enfants… pour doubler la population

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mondiale en 2050, selon les démographes. Est-ce un suicide ou au contraire une forme d’espoir ? Ou les prévisions démographiques seraient-elles erronées… ? Des études très sérieuses démontrent l’impossibilité de produire de la viande pour tout le monde en 2050.Des signes montrent l’évolution du régime alimentaire occidental : trop de sucre, de gras, de lait, de viande. Les plantes sont reparties à la conquête de nos assiettes… « Qui va parler au nom des animaux et des plantes ? » Nous devons cette question pertinente et très récente au penseur Michel Serres. Elle indique à elle seule les limites intellectuelles de l’homme sur la question éthique. Si nous laissons disparaître des peuples de l’humanité, comment aborder les « peuples » de l’animalité, de « la végétalité » ? Qui représentera les grenouilles, les oiseaux, les bactéries, les fougères et les palmiers ?

Le cas particulier de la biodiversité domestique Toutes les plantes que nous cultivons et les animaux que nous élevons ont pour origine la biodiversité sauvage. Vavilof a démontré l’existence de centre de domestication à travers la planète. Du néolithique (5 000 ans environ avant J.-C.) jusqu’au XIXe siècle, la création et la sélection de variétés et de races locales ont connu un essor constant. Le XXe siècle a mis un coup d’arrêt à ce processus évolutif, car il est bien question d’évolution. En moins d’un siècle les paysans ont perdu ce geste millénaire qui consistait à ressemer une partie des récoltes, à observer et sélectionner des caractères de rusticité, d’adaptation par exemple. Et chaque pays de France d’avoir son chou, sa laitue, sa vache ou son mouton. On me reprochera de taire les milliers de variétés créées le siècle dernier par des agronomes avisés dans des centres spécialisés. Une immense liste d’hybrides productifs, résistant à peu près à tout puisque soutenus par des doses d’engrais chimiques délirantes, une panoplie de pesticides effrayante qui conduit tout simplement à l’effondrement des systèmes agricoles productivistes. La mondialisation agricole conduit « les plus forts » à exporter leur système d’exploitation, d’appauvrissement, d’épuisement des sols et de la biodiversité en Asie, en Afrique, en Amérique du Sud. De la délinquance agricole, voire du grand banditisme… Le jardin planétaire est livré à des « agrovoyous ». « Nos enfants nous accuseront »… Les limites morales d’un puissant lobby agro-industriel français sont pulvérisées depuis longtemps. Il ne faudrait pas passer sous silence un vrai mouvement de fond qui semble indiquer une renaissance d’une partie de ce patrimoine génétique. Là encore, ce n’est pas le pouvoir en place quel qu’il soit qui prend des mesures efficaces, bien incapable qu’il est d’appréhender un concept aussi complexe, mais une multitude d’acteurs du monde associatif, militant, paysan, jardinier. Et, en plus, cela marche ! Quand le puissant lobby de la graine et de l’agrobusiness ne procède pas à des (ré)pressions tous azimuts parfaitement révoltantes et qui rappellent des heures sombres de notre histoire pour intimider ceux qui se révoltent et agissent face aux plantes manipulées et contre un cartel mondialisé de la semence qui impose ses lois à la nation, aux citoyens aux derniers paysans.

La dynamique des alternatives en marche : expérimenter sans limites Les alternatives ont été pensées ou visionnées dès la fin du XIXe siècle concernant la biodiversité domestique (conservatoire de Saint-Pétersbourg, Russie), l’agriculture biologique (Grande-Bretagne), l’agriculture biodynamique (Allemagne, Suisse), la permaculture (Australie). Toutes ces pratiques agroalternatives se multiplient depuis quarante ans. Renaissance des blés paysans, des maïs population, des vergers et potagers aux milliers de variétés anciennes oubliées. La tomate, dont tout le monde [!!!] aura remarqué les déclinaisons de couleurs, de formes et de goût, au regard de la tomate calibrée de l’agro-industrie, en témoigne parfaitement. Créativité nécessaire C’est l’occasion d’évoquer la création variétale, ce mouvement de la sélection qui ne s’est jamais arrêtée, qui a simplement emprunté depuis le XXe siècle la voie agro-industrielle. Cette voie montre ses limites quand des filières entières s’effondrent (fruits, légumes, lait), et ce malgré les puissants soutiens financiers européens (politique agricole commune). Depuis quelques années, les (re)découvreurs et mainteneurs de cette biodiversité domestique — on dit aussi « ressources phytogénétiques » — ont pris conscience que l’on pouvait se réapproprier les moyens de la création avec l’aide de chercheurs amis et très motivés par ce mouvement. Paysans maraîchers et jardiniers (collectionneurs, mainteneurs, conservateurs) deviendront pour certains des créateurs, des artistes car il s’agit bien de l’art. Si ce processus d’enrichissement de biodiversité domestique — on dit aussi « à usage » — poursuit sa dynamique, nous avons là une alternative au sens premier du mot (autre naissance) qui s’inscrit parfaitement dans la transition qu’annonce le mouvement de la décroissance et le début d’effondrement des filières agroproductivistes. Cette transition imposera naturellement un repeuplement des campagnes françaises à des fins vivrières (vergers, potagers, céréales, vignes, petits élevages), la création d’écohameaux, le maintien (Amap) et la renaissance de l’agriculture paysanne. La question de l’accès à la terre doit être développée par les objecteurs de croissance. Ce qui arrive à l’agroécologie n’est pas un retour en arrière mais le redéploiement et le réemploi de fondements délaissés au XXe siècle.C’est un peu reprendre notre destin en main, finalement.. Ces idées sont expérimentées en Asie, en Amérique du Sud, en Afrique. Le mouvement en marche est mondial, global parce que local et riche de diversité. La phase du partage d’expériences a débuté (mise en réseau) ; elle est essentielle pour la suite du mouvement de la décroissance qui devrait s’imposer naturellement à l’Europe dans la décennie à venir. Le mouvement est aussi à l’œuvre dans le vieillissement naturel de la planète et l’évolution du climat. Il faut bien s’en accommoder, le mouvement nous est

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imposé. D’où la pertinence d’être un mouvement-parti pour la décroissance qui doit continuer de réfléchir et agir. La conscience d’un jardin planétaire n’est pas une utopie (lieu imaginaire), c’est une vision du monde sur un lieu partagé qui s’appelle la planète Terre. Il y a urgence à agir et ne plus se limiter à militer. Jean-Luc Danneyrolles, jardinier créateur du Potager d’un curieux 15 janvier 2010

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