Théorique
avec mesure
et pratique
sans démesure

Militer-chercher

Quand les décroissants font de la politique, comment peuvent-ils assumer une dynamique libertaire sans surtout s’en contenter ? C’est en arrivant à cette question que, bien souvent, même les partisans les plus politiques de la décroissance en arrivent eux-mêmes à décrocher.

– L’objecteur de croissance est-il un militant traditionnel comme la gauche l’a toujours connu ?

– Non.

– Alors, il se contente d’être dans la gesticulation bo-bo de ceux qui croient que les droits de l’homme sont une politique ?

– Non plus.

– Ah bon, c’est qu’il s’engage dans les alternatives là où « les gens » et « les choses » peuvent vraiment changer ?

– Oui, mais pas seulement car il ne veut pas risquer de se retrouver enfermé dans ses engagements relocalisés, ce qui pourrait n’être qu’une ruse de la dépolitisation.

– Mais alors s’il fait de la politique, c’est qu’il recherche le pouvoir ?

– Pas du tout ; il ne fait pas de la conquête du pouvoir politique un préalable des transformations radicales qu’il envisage pour la société.

– Je n’y comprends plus rien ; il va aux élections, oui ou non ? C’est un « libertaire » ou c’est un « républicain » ?

– Si on veut conserver ce vocabulaire, il est « libertaire » parce qu’il a une méfiance spontanée dès qu’il entend parler de pouvoir ; mais comme il fait passer l’intérêt général avant l’intérêt particulier, en ce sens, c’est aussi un « républicain ».

– Mais est-ce qu’il participe aux élections ?

– Des fois oui ; mais pour lui ce n’est pas là aujourd’hui et surtout dans les formes actuelles de la démocratie que se trouve l’essentiel.

– Et qu’est-ce qui est essentiel ?

– Ce que l’on pourrait appeler une « politique des contre-pouvoirs » : toutes ces actions qui construisent déjà d’autres mondes possibles, d’autres sociétés possibles. Un « contre-pouvoir », ce n’est pas seulement une « alternative concrète », c’est un « mouvement social », c’est-à-dire une remise en cause d’un système de société par tous ses bouts, sans en privilégier aucun.

– Mais alors il n’y a plus de « lutte finale » ?

– Je ne sais pas ; ce qu’il y a d’abord, ce sont des « luttes primales » , que l’on peut engager sans délai, sans attendre.

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