Théorique
avec mesure
et pratique
sans démesure

L’hypothèse de la sécession

Paul Ariès, “Pour réapprendre à vivre autrement”, vous concluez votre éditorial du Sarkophage n°21 par un appel à une “grève générale de la consommation” ; appel que vous justifiez ainsi : il faut bien “commencer à faire sécession”. Qu’entendez-vous par là ?

Paul Ariès

Paul Ariès : Le rapport militant au monde comprend toujours deux postures. Le désir de changer le monde existant et celui de se retrancher. Le religieux a montré cela avec les mouvements d’action religieux et les monastères. Le syndicalisme a longtemps articulé aussi ces deux postures avec sa section syndicale, ses clubs de sport, d’espéranto, son orchestre, sa coopérative, etc. On parlait aussi de socialisme ou de communisme municipal. Ces gauches-là ne savent plus faire contre-société. Les milieux antiproductivistes doivent renouer avec cette gauche maquisarde, cet esprit de dissidence. Faire sécession c’est faire école et notamment école buisonnière. Ce faire secession est indispensable tout autant pour ceux qui croient encore qu’il est possible de changer ce monde et ceux qui pensent qu’il faut en construire un autre. Nous avons toujours besoin de penser et de changer le monde à partir d’un lieu (théorique, poétique, pratique…) non capitaliste, non productiviste. Ce faire sécession n’est pas le châtiment de la désillusion mais le meilleur chemin pour rouvrir le champ des possibles.

Bernard Bruyat, lors des (F)Estives de Marlhes, vous êtes intervenu lors de la table ronde consacrée à la question de la participation aux élections pour y défendre l’hypothèse de la sécession et de la désaccoutumance à la croissance ; qu’entendez-vous par là ?

Bernard Bruyat - © Studio L'Oiseau Vert

Bernard Bruyat : La secession est une action, et je peux lire dans une édition du ”Nouveau Larousse élémentaire” qui a accompagné mes enfants dans leur scolarité : Secession : “Action de se séparer de ceux avec lesquels on était uni”. Il n’est donc, comme je l’ai souligné dans mon intervention aux (F)estives de Marlhes, pas question de fuite, mais de se retirer d’un système de gouvernance qui nous laisse croire que la seule façon d’être unis est la régle définie par des partis politiques et leurs représentants “élus”. Les élections pratiquées dans notre système de gouvernance éloignent de plus en plus nos contemporains de leur quotidien.Pour l’image : la secession en tant qu’action consiste à refuser de jouer à la Belote avec les régles du Tarot (et vice versa) mais aussi à rechercher un autre jeu de carte ou les cartes auraient toutes la même valeur à “la donne” mais en laissant à chacun sa décision de les utiliser pour en faire des atouts. Pour exemple : “le revenu inconditionnel d’existence”.C’est aussi dans cette action de sécession que j’ai parlé aux (F)estives de “la désaccoutumance à la croissance” Ivan Illich ,qui laisse à chaqu’un le soin de se soigner et de choisir son traitement pour endiguer cette maladie très contagieuse de “La Croissance”. La “Décroissance” m’apparait plus comme un slogan de campagne électorale pour certains courants politiques.

La sécession n’est-elle pas une fuite irresponsable (sacrifier l’éthique des responsabilités à l’éthique des convictions), un refus de “faire avec” le monde “réellement existant” ?

Bernard Bruyat : La sécession n’est en rien une fuite irresponsable. Il ne saurait y avoir d’éthique des responsabilités sans convictions. La conviction dans la sécession est le contraire du destin ou de la carrière : la conviction, c’est notre ligne d’émancipation, de libération. Faire sécession, c’est aussi fuir les dispositifs de pouvoir, “l’assistante sociale qui veut nous réinsérer, le conseiller d’orientation et nos parents qui veulent nous aider à définir notre avenir, le syndicat qui veut nous encarter à la fin de la grève sauvage, les parents qui veulent sauver notre mariage, la psychothérapie, les juges, les flics et moi même, lorsque je rédige mon CV et élabore mon projet de vie, ma carrière mon avenir”, Simon RUPTURE. Faire sécession exige la recherche du REEL dont nous sommes à tout moment détournés (avec notre consentement implicite) afin de le rendre VISIBLE : cela nous amène obligatoirement à faire des choix… Pour cela nous devons renoncer à …

Paul Ariès : La sécession n’a rien d’une démarche sectaire. Je crois bien au contraire qu’elle nous oblige à penser des alternatives polyphoniques qui permettront non seulement à chacun d’agir selon ses préférences mais aussi de donner moins d’importance aux conflits théoriques/dogmatiques. Les communautés qui durent sont celles qui savent entretenir un rapport ouvert et vivant sur le reste du monde comme Longo Maï. La sécession est une façon de dire que l’insurrection de la vie, de nos existences doit accompagner sinon précéder l’insurrection des consciences. Nous devons montrer qu’il est possible de vivre maintenant. Nous devons développer d’autres rapports humains, ce que nous peinons aujourd’hui à faire. La sécession est aussi une façon de dire qu’il n’existe pas une seule façon de faire société autrement mais de nombreuses tout en affirmant que ces chemins se feront en marchant. L’enjeu est d’abord pour moi de redévelopper des cultures autochtones, celles des milieux populaires, celles des naufragés du système. C’est un appel à cesser de regarder les classes moyennes pour regarder les gens de peu. Il n’y a pas d’issue possible sans ces cultures autres que la culture dominante. Mon combat est celle de la Vie bonne et du bien vivir amerindien. Faire sécession n’interdit pas nécessairement de tenter de faire fructifier ce qui existe ailleurs voire même de l’institutionnaliser par le jeu politique. Je suis partisan d’une désobéissance y compris de la part des municipalités, des communautés d’agglo, pourquoi pas, sur certaines questions de départements ou de régions.Le Sarkophage publie en janvier un texte de Bernard Bruyat sur la défense et la promotion des châtaigneraies en Ardèche, c’est déjà

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pour moi une façon concrète de faire sécession, c’est à dire d’avoir une autre vision du monde et d’autres pratiques.

En quoi la sécession reste une prise politique de position, voire est une reprise de position politique ? Faire sécession, est-ce refuser catégoriquement toute présence à des votes ?

Bernard Bruyat

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: Faire sécession ne signifie pas prendre position contre des partis politiques ou des idéologies au service du pouvoir C’est refuser le langage commun du politiquement correct. La reprise d’une position politique (gestion de la cité) ne pourra se faire qu’après avoir fui tous ces prédateurs qui veulent nous encadrer dans des structures normatives et gestionnaires qui nous dépossèdent de notre expression directe et nous privent de nos capacités à rechercher notre émancipation. Faire sécession doit nous aider à nous réapproprier la chose publique par la dissidence qui nous est interdite par un système institutionnel dit démocratique qui nous écarte à tous moments et dans tous les domaines de nos désirs de réfléchir notre condition humaine. Faire sécession n’entraîne pas forcément le refus catégorique du vote mais nous amène à regarder toutes ses dérives ( ex : refus de participer au vote qui s’inscrit dans un système reconnu comme anti-démocratique tel que l’organise la Constitution de 1958.

Paul Ariès : Faire sécession peut être une façon de refuser les élections. C’est une posture totalement légitime et nous avons besoin qu’elle soit cultivée. Faire sécession peut être aussi une façon de faire contre-société tout en participant aux tentatives pour transformer ce monde. Je crois que ce sont des moments de vérité parallèles et complémentaires. Je me refuse au jeu de savoir qui est le plus révolutionnaire des deux. Les deux modèles ont à ce jour fait preuve d’une efficacité toute relative. Nous devons tirer les leçons aussi bien du socialisme par en haut que du socialisme par en bas… car par exemple le mouvement coopératif était infiniment beaucoup plus fort autrefois qu’aujourd’hui. J’aurai tendance à déplacer la question : ne pas faire de la sécession une religion mais un vecteur pour refuser le mythe de l’abondance… La Ligue du Nord par exemple souhaite parfois faire sécession pour refuser d’aider le sud… La sécession n’est pas toute la solution mais un bout de solution. Je préfère rester dans la société avec des communes qui choisissent de construire la gratuité des biens communs que de faire sécession dans le cadre d’une communauté qui marchandiserait et technologiserait plus encore l’humain. Le Sarkophage publie en janvier un texte de Bernard Bruyat sur la défense et la promotion des châtaigneraies en Ardèche, c’est déjà pour moi une façon concrète de faire sécession, c’est à dire d’avoir une autre vision du monde et d’autres pratiques.

Si négativement la “sécession” est rupture avec une certaine politique, positivement, elle est engagement dans des “en-dehors”, des “alternatives concrètes”, des “expérimentations sociales”, est-ce suffisant ?

Bernard Bruyat : Faire sécession est bien RUPTURE et ne doit pas une fois de plus n’être qu’une adaptation par certains courants politiques à des fins électorales : “une vraie rupture est une chose sur laquelle on ne peut pas revenir, qui est irrémissible parce qu’elle fait que le passé a cessé d’exister”. La sécession comme je l’affirme dans ma présentation au cours des différents débats ou colloques, c’est déjà savoir que “si nous faisons ce que nous avons toujours fait, nous obtiendrons ce que nous avons toujours obtenu”. Faire sécession n’est pas une fin en soi, ce n’est qu’un outil de libération pour entreprendre la déconstruction de notre système de gouvernance. Partant de ce chantier bien d’autres pistes restent à rechercher et exploiter qui viendraient enrichir un travail de reconstruction. Le revenu inconditionnel d’existence est la première pierre de ce chantier et sur cette base encore bien d’autres pistes restent à rechercher. Faire sécession, c’est aussi prendre en compte le bouleversement que représente ce concept de déconstruction auprès de nos contemporains pour bâtir d’autres alternatives sur de solides bases sociales. Je préciserais à nouveau que tout cela ne pourra se faire sans SECESSION car il ne s’agit pas de faire “A PARTIR DE” mais “EN DEHORS DE”.

Paul Ariès : Nous devons certes faire sécession et essaimer mais aussi tirer les leçons des échecs passés, français ou étrangers. Pour faire court : la transformation de la société par en bas n’a pas plus abouti au 20e sicle que par en haut. Le recul du mouvement coopératif que j’ai analysé dans “No Conso” ne s’explique pas par exemple seulement par la volonté de la gauche communiste de sacrifier le mouvement coopératif notamment dans la production. Le mouvement coopératif n’a pas été capable d’opposer ses propres produits aux produits capitalistes. En avaient-ils d’ailleurs ? N’a-t-il pas autant accompagné que combattu le développement du capitalisme ? Le faire sécession n’est pas d’abord une affaire d’échelle mais de contenu politique/idéologique y compris des produits. Pourquoi n’y a-t-il pas par exemple de banque alternative liée aux mouvements révolutionnaires alors que des mouvances spiritualistes peuvent aujourd’hui disposer de leurs propres réseaux ? Pourquoi n’a-t-on pas développé (et le faut-il ?) des réseaux d’écoles en dehors de l’école capitaliste ? Pourquoi les municipalités ou les Comités d’entreprise ne créent-ils pas leurs propres réseaux d’approvisionnement notamment sur le plan alimentaire (la restauration sociale représente tout de même un repas sur quatre en France) ? Ce Faire sécession interpelle donc autant les confédérations syndicales, les municipalités que les individus ou les communautés. Nous devons nous poser la question de la domination et de la transition en termes gramsciens. On ne réalisera pas une masse critique suffisante pour inventer une autre société (ou transformer celle-ci) sans matérialiser nos valeurs/intérêts dans des institutions, dans des rituels, dans de nouveaux territoires. Ce faire sécession impose aussi d’en finir avec le fétichisme des appareils, des leaders, du vocabulaire. Nous devons accepter que tout ne soit pas parfait, nous devons accepté de nous trompé et d’être trompé. La seule certitude que nous avons c’est que ce faire sécession imposera que le chemin se fasse en marchant. Le faire sécession a deux ennemis : la compromission avec la société dominante et la scission sectaire. Ce faire sécession est d’abord une cure de dissidence dont ont besoin les mouvements sociaux. Nous devons cependant prendre garde de ne pas saborder la solidarité (les SP) au nom du séparatisme. Le Faire sécession n’est pas le choix du repli sur soi. Nous ne sommes pas des survivalistes. Le faire sécession campe pour moi résolument du côté de l’optimisme : il s’agit de donner envie de changer.

Parmi tous les “chantiers” possibles, lesquels vous semblent les plus prometteurs ?

Bernard Bruyat : L’“inconditionnalité” du Revenu d’Existence nous oblige à rompre avec toutes les pratiques politiques communes à tous les acteurs de notre vie sociale (partis, syndicats, associations…) pour reconnaître à chaque individu son droit à l’existence (et non plus à la subsistance conditionnée au mérite de chacun). Le “revenu inconditionnel d’existence”, véritable avancée sociale doit s’accompagner de bien d’autres chantiers de recherche “du local au mondial” qui ne seront réalisables que dans “la sécession”…

Paul Ariès : Il est bien sûr difficile et surtout sans intérêt de hiérarchiser dès lors que nous sommes partisans d’un socialisme antiproductiviste. Je pense cependant que la question de la gratuité est essentielle. Je parle d’une gratuité économiquement, culturellement, politiquement construite. C’est tout le sens du colloque sur la gratuité des SP locaux que le sarkophage a co-organisé avec la communauté d’Agglomération les lacs de l’Essonne. La gratuité a un coût donc elle oblige à faire des choix. Elle permet d’interroger nos usages : gratuité du bon usage et renchérissement ou interdiction du mésusage… Priorité à la satisfaction des besoins sociaux fondamentaux. La gratuité peut être une façon de rendre la parole au peuple. La vraie démocratie c’est toujours de postuler la compétence des incompétents. Ce recours à la gratuité ne va pas sans budget participatif, sans démocratie directe. Le grand enjeu n’est pas en effet de culpabiliser les gens mais de donner envie de changer. Faire sécession n’est qu’un moyen de jouer sur cette politique du désir, car seul le désir véritable est foncièrement anti-productiviste et anticapitaliste. Le livre Vivre la gratuité publié il y a deux ans était généreux mais un livre d’intellectuels. Le nouveau livre Liberté, égalité, gratuité (Golias) publié il y a une semaine regorge d’initiatives concrètes : les belles idées ont rencontré une volonté politique. Ce n’est certes qu’un début, tout peut même régressé, mais mieux vaut ce début que du sur-place.

A quelles conditions la sécession peut-elle réussir à ne pas être qu’une variante élargie mais “terriblement communautaire” de l’individualisme ?

Bernard Bruyat : Faire sécession doit permettre de rompre avec l’individualisme. La sécession ne doit pas se réduire à un mouvement auquel les individus pourraient s’identifier à travers la revendication d’une appartenance. Cette appartenance se manifeste par l’utilisation et la promotion du vocabulaire de “la pensée unique” dont usent et abusent les politiques au sein des “COMMUNAUTES TERRIBLES ”(celles-mêmes qui prétendent combattre le communautarisme).

Paul Ariès : Nous ne devons pas être dupes de tout ce qui peut se jouer sous ce terme. De la même façon que la mondialisation n’est pas la poursuite de l’internationalisme prolétarien, le capitalisme totalitaire a aussi en réserve sa propre conception et ses propres pratiques du faire sécession. Les “villes privées” comme les régimes de retraite par capitalisation sont aussi une façon de faire sécession. Le capitalisme vert est une façon de préparer l’adaptation d’une partie de l’humanité (les riches, les puissants) à faire sécession grâce au transhumanisme et donc à abandonner des milliards d’humains à leur triste sort. La perspective de sécession n’est donc pas uniquement dans notre camps. Ce n’est pas par hasard que les Etats-Unis défendent les grandes sectes. Ma façon de prôner le faire sécession est tout sauf une machine de guerre contre l’Universel. L’histoire de la fin du 19e et du début du 20e siècle a montré avec le syndicalisme à bases multiples et avec le communisme municipal que le faire sécession peut au contraire coïncider avec la construction de la république. Ce faire sécession fera oeuvre utile sous deux grandes conditions.1) Etre porteur d’un projet d’émancipation collectif et individuel. On ne fait pas sécession pour faire bande à part, mais pour construire un faire société différent, pour retrouver une puissance sur nos vies à défaut d’un pouvoir. 2) L’autre condition est de construire une société ouverte. J’ai trop travaillé sur les sectes expertes en sécession pour ne pas savoir le danger qu’il y a à refuser le droit commun. Nous devons par exemple toujours défendre le droit concret des individus à pouvoir revenir dans la grande société ce qui suppose des droits sociaux. Je dirai paradoxalement que nous devons apprendre à conjuguer le faire sécession et la défense de valeurs universelles. Dans le contexte actuel, ce faire sécession est non seulement la condition pour pouvoir créer, faire du neuf (même avec du vieux), mais pour défendre des idées de liberté, d’égalité, de fraternité. Ce faire sécession passe d’ailleurs par des actes de désobéissance qui ne sont pas le retour à l’illégalisme du 19e siècle mais l’insoumission à visage découvert, au nom d’une conception supérieure des droits humains : désobéissance individuelle, citoyenne, professionnelle, institutionnelle.

3 comments to L’hypothèse de la sécession

  • Bernard Legros

    Combattre le « système » soit en son sein, soit dans ses marges est un débat interminable qui secoue les mouvements d’opposition depuis longtemps (pour ne pas dire toujours), et aucun des deux camps ne pourra définitivement prendre le pas sur l’autre.
    En attendant, dans une vie de militant, il me semble qu’un double parcours puisse être envisagé, en deux étapes successives. Certains peuvent choisir de faire sécession dès le départ, avant même de s’être frotté aux dures réalités du système. C’est un choix respectable, mais qui ne me paraît pas le plus judicieux, ni le plus éthique.
    A l’inverse, certains ne peuvent envisager en aucun cas de combattre à la marge, mais totalement immergés dans la réalité sociale la plus crue, ainsi en est-il de la majorité des marxistes-léninistes.
    Enfin, il y a ceux qui commencent la lutte à l’intérieur du système, mais peuvent, de guerre lasse, finir par jeter l’éponge et se réfugier dans ce que certains appellent avec mépris des « robinsonnades » comme, par exemple, un éco-village. Ce choix est éminemment respectable car nul n’est tenu de se sacrifier pour une cause qu’il juge plus ou moins perdue en son âme et conscience.
    Alors, quant à lutter « dans » ou « hors de », je pense que la meilleure solution est de combiner les deux approches dans une dialectique mûrie.

  • Hypothèse

    Ci joint mes voeux 2012:
    Lettre aux Européens

    2011 fut l’année des « Indignés », 2012 sera celle de la mobilisation générale des citoyens pour changer ce monde ! Pas besoin d’être grand clerc pour se rendre compte qu’il est débile de soumettre des êtres humains à des critères financiers: ça nous bouffe notre enthousiasme et notre liberté ! Nous voulons un monde libre et gratuit.
    Nous n’avons pas fait tout ce chemin pour nous laisser commander par des structures internationales ou des institutions nationales. L’être humain est vivant, il a construit des outils de toutes sortes pour améliorer le bien-être de la communauté, ce n’est pas maintenant qu’il va obéir à un outil.
    Je me permets de rappeler ce qu’avait dit Jean Rostand à la tribune des Nations-Unies : »J’ignore quel sera le système d’économie le plus apte à assurer l’équitable distribution des biens matériels et spirituels ; mais je suis à peu prés sûr que l’époque ne peut plus être lointaine où l’on s’étonnera que durant tant de siècles, tant de choses aient pu rester le privilège de si peu de gens, et que la société ait pu se partager en groupes si inégalement traités qu’on y différait, par le quotient intellectuel, par la résistance aux maladies, par le taux de criminalité. »
    Que l’Europe ait oubliée son but ne m’étonne pas trop, influencée par « la croissance », mais les citoyens savent que ce sera nous et nos enfants qui devrons faire avancer le projet d’un monde libre et gratuit pour tous, tout autour de la planète. L’argent n’est qu’un outil, nous pouvons nous en passer. Par contre, nous ne pourrons nous passer de la mobilisation générale de tous les êtres humains, petits et grands, riches et démunis, salariés et chômeurs, inclus et exclus, pour rendre ce monde libre et gratuit. http://www.youtube.com/watch?v=000bk3OkyKY

    Je compte sur vous pour que personne ne désespère. Que les pouvoirs politiques, financiers, économiques se souviennent qu’ils deviennent LE principal obstacle à la poursuite du bonheur des vivants.

    Est-ce que ma réponse prouve que j’ai bien compris les interventions d’Ariès et de Bruyat ? Merci aux deux intervenants de m’avoir fait découvrir le monde où j’habite

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